Un cruel manque de responsabilité

Explosion des Data Breaches en 2017

Le RGPD/GDPR impose la notification des failles de sécurité aux autorités de contrôles et aux personnes concernées.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Les informations personnelles, qui sont collectées au travers de tous types de supports et qui circulent par tous types de médias, doivent être protégées partout et tout le temps.

Pourquoi ?

On peut toujours arguer que les internautes délivrent nombre d’informations personnelles et qu’ils sont donc responsables de ce qui circule en ligne concernant leurs vies privées.

Oui et non !

D’une part, il existe de plus en plus d’espaces de collecte d’informations permettant d’identifier une personne où il est obligatoire de délivrer ces informations pour obtenir un service. Ceci concerne tout autant les entreprises privées, ayant une activité commerciale, que des organisations publiques (administrations). Pensons aux sites des Mairies, des impôts, de la délivrance de CI ou de Passeport et référons-nous simplement à l’injonction de dématérialisation qui règne depuis de nombreuses années dans les organisations, quelles que soient leurs activités.

D’autre part, et certains en parlent beaucoup mieux que moi, je pense par exemple à Louise MERZEAU (RIP) qui a expliqué comment les « oligarques du web » ont créé une illusion totalement intéressée en nous laissant croire qu’il existerait sur le WEB des zones de confiance (tous les espaces communautaires de valeurs, de pratiques, d’intérêts peuvent se reconnaitre).

Le RGPD/GDPR souhaite rééquilibrer ce rapport entre ceux qui donnent et ceux qui traitent.

Pourquoi ?

La fuite des données peut être impactante pour les personnes et pour les entreprises. Les scandales visibles viennent souvent des Etats-Unis où le niveau de confiance des citoyens dans leurs institutions et entreprises est beaucoup plus important qu’en Europe mais où, du même coup, le sentiment de trahison se manifeste beaucoup plus fortement.

Les plaintes collectives (ou Class actions) illustrent la colère des personnes dont les données n’ont pas été protégées et les montants financiers en jeu sont colossaux.

Une des dernières fuites concernant la société de crédit EQUIFAX a entrainé plus de 50 class actions et on estime à 70 milliards de $ le montant des dommages et intérêts. Fondée au XIXème siècle, cette société a vu son cours de bourse chuter de plus d’un tiers de sa valeur et elle pourrait cesser son activité.

Et nous ?

Nous avons moins confiance dans nos institutions et dans nos entreprises que les Américains : nous sommes donc moins déçus.
En revanche, nous avons plus confiance dans nos lois et la capacité de nos magistrats à les faire respecter.

C’est ici que le bas commence à blesser !

En effet, le courant va vers une « anglo-saxonisation » de nos référentiels et il s’impose doucement. La responsabilisation (ou Accountability) en est l’expression la plus forte.

Face à cette dynamique, celle de la plainte collective est un corollaire indispensable.

Il s’agit d’un devoir d’équilibre que doit imposer l’Europe via le règlement sur la e-Privacy, afin de contribuer à la confiance dans l’économie numérique.

Cela ne doit pas être une option négociable !